Pour que la démocratie (re)trouve de l’espace

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Pour que la démocratie (re)trouve de l'espace à Paris 1.
Restaurer la confiance avec les étudiants.

La transmission et l’élaboration de savoirs dans et pour une société démocratique fait le cœur de notre métier d’enseignants-chercheurs quand l’acquisition de connaissances, de compétences et d’un esprit critique est, pour les étudiants, le centre de gravité de leur vie à l’université. Mais nous pensons également qu’une université dynamique et démocratique est un espace où les étudiants sont nombreux à se saisir pleinement des possibilités qui leur sont données de s’engager dans la  vie étudiante  dans ses multiples dimensions.  Leur participation aux conseils centraux et à tous les niveaux de la vie universitaire doit être considérée avec respect et sans condescendance, comme c’est malheureusement encore trop souvent le cas dans ces instances. Le soutien financier et organisationnel à leurs différentes formes d’engagement dans la vie associative, culturelle, syndicale et collective doit continuer à être favorisé, voire être renforcé.  L’exercice de la citoyenneté et de la civilité nous semble un élément essentiel de ce temps de passage que constituent pour les jeunes adultes que sont les étudiants, les années vécues à l’université. Il contribue pour une part essentielle à les préparer à leur vie professionnelle et de citoyen. Ce n’est pas le moindre des paradoxe qu’une institution qui affirme sans cesse la nécessité de s’adapter aux contraintes du monde extérieur et d’un marché du travail toujours plus dur, paraisse se replier sur elle-même et percevoir tout ce qui vient du dehors, ou de la jeunesse, comme un potentiel danger.  

Après 3 semaines de mobilisation des étudiant.e.s et personnels autour du projet de loi sur le code du travail - rejeté unanimement par les organisations syndicales soutenant cette liste -, après la fermeture de la Sorbonne sur ordre du recteur, le recours par l’actuelle présidence à la force publique le 17 mars au Centre Pierre Mendès-France, et les violences policières intolérables qui ont suivi, après les dégradations du 22 mars, l’exercice normal de la démocratie a enfin trouvé son chemin à travers la mise à disposition d’amphithéâtres pour des assemblées générales qui se sont tenues dans le calme et le dialogue, la projection de films ou l’organisation de débats. En particulier, un grand meeting a été autorisé le 30 mars au Centre Pierre Mendès-France dont la tenue a démontré que faire confiance à la responsabilité des organisateurs permet qu’une manifestation importante et animée (1200 présent.e.s) se déroule dans le calme. Cette autorisation raisonnable, bien que tardive, doit nous inspirer à l’avenir et nous inciter à rompre avec un cycle amorcé depuis au moins une dizaine d’années consistant à fermer préventivement nos sites — ce qui revient à museler l’expression démocratique — et à faire appel à la police plutôt qu’au sens du dialogue et des responsabilités des usagers. Il convient désormais d’anticiper, de ne plus prendre de décisions graves dans l’urgence et, par conséquent, d’évaluer pour chacun de nos centres sa capacité à accueillir des espaces de discussion/information en cas de nouvelles aspirations légitimes au débat.

Les conseillers élus sur notre liste veilleront à ce  que les conditions de futurs débats démocratiques soient garanties dans notre Université en respectant l’expression de la pluralité des avis, voire de la controverse que l’on ne peut sans cesse museler, au nom des impératifs de tranquillité publique. Ces aspirations, loin de nuire à la mission principale de l’université, nous semblent au contraire s’inscrire pleinement dans la tradition qui est la nôtre d’une université démocratique et ouverte sur le monde.

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