Notre plateforme

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Pour une démarche collective à Paris 1

 

Notre projet, élaboré collectivement, est porté par des conseillers qui resteront tenus non par la loyauté envers une personne, mais par la fidélité aux principes et aux convictions sur les bases desquels ils auront été élus et que nous vous présentons ici.

Notre démarche collective place la collégialité démocratique, l'un des fondements de l’Université, en son cœur. Cette collégialité devra s’exercer dans toute la durée du mandat, à travers des discussions et consultations larges qui nourriront le travail des conseils, qui forgeront l'unité de notre établissement face aux pressions externes, qui feront la force et le rayonnement de nos projets pédagogiques et scientifiques communs.

Les candidats de notre liste s’engagent devant leurs électeurs et tous les personnels : à être assidus aux séances des conseils ; à y être actifs dans les débats ; à les préparer avec soin ; à en donner le reflet aux collègues rapidement par des comptes rendus réguliers ; à porter une parole qui ne soit jamais celle d’un groupe d’intérêt ; à conduire une démarche soucieuse de l’unité de l’établissement, respectueuse de sa diversité disciplinaire, exigeante au plan déontologique, fidèle aux convictions politiques qui nous rassemblent.

Quelques points forts de notre plateforme, déclinés en 5 thèmes

A - Vie institutionnelle et démocratie universitaire

B - Paris 1 et ses partenaires

C - Laïcité et éthique à l'université

D - Politique d'emploi (scientifique, administratif, technique et de bibliothécaire), finances et patrimoine

E - Ambitions pédagogiques et scientifiques

A - Vie institutionnelle et démocratie universitaire

La loi ESR de 2013 a modifié les équilibres antérieurs entre les conseils centraux de l’université, en précisant certaines des prérogatives des commissions recherche (CR) et formation (CFVU) composant le conseil académique, et en accroissant encore la compétence budgétaire du conseil d’administration. Elle laisse ouverte la possibilité d’interventions intempestives du conseil d’administration et du président dans les domaines de compétence du conseil académique en vertu de son article L712-3-IV-8. Les compétences du conseil académique sont encore élargies puisque la commission disciplinaire sera désormais constituée en son sein.

Ces modifications institutionnelles liées à loi ESR se sont accompagnées d’une certaine instabilité au sein des conseils centraux de l’Université Paris 1 (transmission tardive de documents à examiner lors des conseils, modifications inopinées des calendriers des conseils), ainsi que d’une défiance croissante vis-à-vis de procédures et de décisions prises, sans qu’une discussion ou que des amendements sur les textes proposés soient parfois possibles. Ainsi le rééchelonnement des postes au sein de l’université a-t-il été décidé sans que les logiques et les critères de ce rééchelonnement aient pu être clairement discutés au préalable au sein du conseil académique. De même, les statuts et le contrat de site de la COMUE heSam (Hautes Études, Sorbonne, Arts et Métiers) ont été présentés au conseil académique sur un mode consultatif, avec un simple vote binaire (pour ou contre), sans possibilité d’amendement sur ces textes, alors que des conseillers avaient fait remonter, lors de discussions préalables, un grand nombre de demandes de modifications précises, notamment sur la répartition des pouvoirs et les compétences communes au sein de la COMUE. Le conseil académique, à la suite du comité technique, a voté contre ces statuts et contre ce contrat de site, mais ceux-ci ont été néanmoins validés par le conseil d’administration, à l’encontre des principes de la charte pour le fonctionnement de l’université Paris 1, qui demande au conseil d’administration de tenir pleinement compte du vote du conseil académique. De telles procédures contreviennent à la conception qui est la nôtre de l’exercice des mandats démocratiques qui sont confiés aux élus des conseils centraux.

Nous réaffirmons notre attachement au respect de l’équilibre entre les conseils et du travail des élus, représentants de la communauté universitaire, au sein des deux commissions du conseil académique. Pour garantir un fonctionnement démocratique de l’université et associer effectivement aux décisions essentielles le parlement de l’université qu’est le conseil académique, nous nous engageons à ce que le futur conseil d’administration prépare les dossiers en coordination étroite avec le conseil académique, respecte ses avis dans les domaines de compétences qui sont les siens (recherche, formation, vie universitaire, carrière des enseignants-chercheurs) et concerte son action avec celle du comité technique (CT).

B – Paris 1 et ses partenaires

Notre université a essuyé dans le PRES puis la COMUE heSam (Hautes Études, Sorbonne, Arts et Métiers) une série d’humiliations. Après le départ de plusieurs membres d’heSam à l’automne 2014, Paris 1 passe pour la principale victime de ce regroupement placé dès sa conception sous l’étroite tutelle des pouvoirs politiques et mené depuis lors à marche forcée.

Le SNESUP-FSU, la CGT et le SNCS-FSU ont dès le début souligné les handicaps d’un conglomérat d’établissements qui ne compte qu’une seule université. La pression de la tutelle politique a été permanente ; elle est passée par le chantage financier, notamment pour que le conseil d'administration de Paris 1 adopte les statuts de la COMUE heSam-Université, malgré le vote du conseil académique. L’avis des instances consultatives nationales représentatives avait pourtant été sans appel, comme en témoigne le rejet massif des statuts d’heSam par le CNESER.

Nos syndicats se sont engagés ensemble dans l’élection du Conseil d’administration d’heSam pour dénoncer la logique concurrentielle qui préside à l’établissement des PRES et des COMUE, la complexité technocratique qui envahit l’enseignement supérieur et la recherche, le déni de démocratie que constitue l’administration autoritaire d’heSam par un « conseil des membres » doté de pouvoirs considérables, au détriment de notre université.

Le bon résultat obtenu par nos listes reflète une ambition commune à toutes celles et ceux qui font Paris 1 : celle d’une université placée au centre de collaborations scientifiques et pédagogiques librement consenties. Nous travaillerons, sans exclusive, mais sans naïveté, à une remise à plat de la cartographie universitaire de l’Île-de-France, pour permettre à Paris 1 de retrouver son rayonnement et d'assurer ses deux missions fondamentales : délivrer une formation de grande qualité à tous les publics, développer la recherche fondamentale.

C - Laïcité et éthique à l'université

La philosophie des Lumières qui a fait naître le principe de laïcité n’a pas seulement défini une doctrine qui s’applique à la République, comme principe inscrit dans sa constitution depuis 1946, elle a aussi offert à tout espace social dans la République des règles qui permettent la vie en commun. Dans bien des établissements d'enseignement supérieur, des dangers pèsent sur le respect des principes de la laïcité et de la liberté d'enseignement. Nous entendons combattre sans relâche toute discrimination en fonction de la religion, de l’origine ou du genre. La mise en place en 2015 à Paris 1 d’un référent « Laïcité » et d’un Référent « Racisme et antisémitisme » donne son autorité institutionnelle à ce combat.

Ce principe de laïcité doit également contribuer à conduire l’action de l’université dans les relations internationales. L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, héritière de la Sorbonne, fidèle aux idéaux de la Révolution française, entend maintenir haut les principes des droits de l’homme définis par l’Assemblée générale de l’ONU en 1948. Il s’agit de faire rayonner nos idéaux humanistes universitaires.

L’application du principe de laïcité n’est pas seulement l’affirmation de la liberté religieuse, encadrée par la Charte nationale de la laïcité conformément à l’article L 141.6 du Code de l’éducation. Elle a aussi valeur éthique dans tous les domaines de la vie universitaire, l’enseignement, la recherche et la vie quotidienne.

Elle est notamment au service des principes d’égalité, que nous entendons défendre dans l'exercice des métiers de l'université. Nous nous engageons à maintenir entre les membres de l'université des règles publiques et équitables de gestion des carrières (promotions, délégations et CRCT) et de rémunération pour les agents de l’État (rémunérations supplémentaires, primes, sursalaires). Nous réaffirmons notre refus d’une modulation des services comme de la mise en place du suivi de carrière obligatoire des enseignants-chercheurs.

D - Politique d'emploi (scientifique, administratif, technique et de bibliothécaire), finances et patrimoine

La situation financière de Paris 1 se caractérise par un retour à l’équilibre comptable permettant la sortie de la tutelle financière du rectorat, subie en 2012 et 2013. Cependant, elle demeure fragile en raison de l'évolution du GVT (glissement vieillesse-technicité) et du ralentissement à venir des départs à la retraite. Elle l’est aussi en raison de décisions douloureuses, qui ont entre autres porté sur des restrictions dans la publication des emplois. Mais, sans accroissement de la masse salariale, ces sacrifices deviendront très vite budgétairement inefficaces. L'action auprès du ministère comme du rectorat est cruciale pour obtenir la prise en compte par la tutelle d'une part de l'accroissement du GVT. En interne, il faut continuer à se doter de meilleurs outils de pilotage pour éclairer les décisions et donc recruter des personnels BIATSS en conséquence.

Poursuivre une politique scientifique volontariste et permanente de soutien à la formation doctorale est une priorité : développement du nombre de contrats doctoraux sur le budget de Paris 1 ainsi que sur des crédits de ressources propres (contrats ANR, européens, PIA, Labex) ; attribution systématique de missions complémentaires d’enseignement ; soutien aux dernières années de thèse et à l’insertion professionnelle par des supports d’ATER.

Le retour à l'équilibre budgétaire s’est fait au prix d’une réduction du coût de l’offre de formation. La préparation du prochain plan quinquennal (2018-2022) est l'occasion de redynamiser notre offre de formation. L'offre de DU (diplômes d'université) devra rester encadrée avec vigilance (clarté sur la tarification et les procédures de création). La réorganisation du service de la formation continue sera poursuivie. Enfin, le développement des formations aux personnels, y compris les formations pédagogiques, sera un volet important de notre mandature. Ce soutien aux formations passe par une politique juste en matière d’exonération des droits d'inscription pour tous les personnels.

Au cours des quatre prochaines années, Paris 1 disposera pour la première fois depuis sa création de véritables perspectives de desserrement en matière de locaux : bibliothèque de droit prévue à Lourcine en septembre 2018, Campus Condorcet à Aubervilliers et La Chapelle dont les premiers bâtiments devraient en principe ouvrir en 2018 (Grand Equipement Documentaire) et 2019 (bâtiment accueillant les chercheurs). Ces perspectives immobilières sont une chance pour les étudiants et les personnels de Paris 1 si elles s’accompagnent d’une authentique amélioration des conditions de travail, si les déménagements et réaménagements sont préparés en consultant les personnels et étudiants concernés, et si l’on veille à la soutenabilité financière (les restitutions attendues de locaux actuellement loués y contribueront).

Un objectif important de la future mandature sera de préparer le déménagement à Lourcine, le réaménagement des locaux ainsi libérés dans les centres Broca, PMF, Panthéon, Malher. L’accompagnement du Campus Condorcet impliquera de veiller à la bonne mise en place du GED, à l’arrivée des équipes de recherche à Aubervilliers et à la poursuite du projet de La Chapelle (1er cycle SHS). Dans la foulée, il faudra réattribuer les anciens locaux, en particulier au centre PMF.

Nous nous engageons en outre à défendre voire étendre l’implantation de Paris 1 en Sorbonne, qui est constitutive de l’identité de notre université.

E- Ambitions pédagogiques et scientifiques

Notre université est riche d'un potentiel considérable qui lui permet d'occuper une position prééminente dans les grands champs disciplinaires qui sont les siens et qui lui permettra dans les prochaines années de renforcer son attractivité et son rayonnement en tant que lieu de production et de transmission des savoirs. Pour cela, il faut en premier lieu un projet de développement ambitieux de tous les secteurs et de tous les types de formation : formation initiale, générale ou professionnelle, formation permanente, formation mono-ou pluri-disciplinaire, formations internationales, formations doctorales, préparations aux concours, validation des acquis de l'expérience (VAE), des formations ouvertes à la demande proche, en Île-de-France, comme à l’échelle nationale et internationale. Cette exigence doit orienter nos choix budgétaires afin que notre université réponde de manière ouverte à la demande sociale, aux aspirations de formation intellectuelle ou à vocation professionnelle, en garantissant un haut niveau d'exigence et l'acquisition de compétences reconnues. Sans tomber dans le piège du malthusianisme, du discours de l'excellence autoproclamée ou sous la dictature des classements internationaux, le renforcement de la qualité des formations implique de ne pas sacrifier l'encadrement, donc l'emploi, ni le volume des enseignements, et de porter une attention particulière aux conditions d'étude. Parmi ses atouts, notre université dispose d’outils exceptionnels pour les ressources documentaires : il faut leur donner tous les moyens pour l'entretien des collections et la mise en œuvre d'une politique d'achat dynamique au service de la communauté universitaire, tout en favorisant l’accueil en service public.

La qualité des formations passe aussi par leur bon adossement à la recherche, fondamentale ou appliquée. Chaque enseignant-chercheur ou chercheur doit disposer des moyens nécessaires à ses travaux scientifiques. Le renforcement de la recherche au bénéfice de l'ensemble des familles disciplinaires de notre université suppose d'abord de garantir des financements équitables et prévisibles pour les laboratoires et les écoles doctorales. Il implique également d'encourager les initiatives liées aux appels à projet nationaux, européens et internationaux en soutenant leur montage technique, de préserver l’encadrement par une politique d’emploi scientifique et d’appui à la recherche, de rendre plus lisibles les critères qui prévalent à l’attribution des emplois, des congés sabbatiques, des financements. Les coopérations à l'échelon national, européen et au-delà doivent être activement soutenues. La politique de développement des outils numériques doit non seulement constituer un instrument au service d'une pédagogie rénovée, mais elle doit plus fortement être tournée vers l'aide et la valorisation de la recherche. Notre université peut réaliser des choix ambitieux, politiquement exigeants, si elle rétablit la cohésion de la communauté universitaire en lui redonnant confiance en ses missions et en ses repères éthiques : loin du repli frileux des individualismes ou des intérêts sectoriels, l’établissement a son rôle à jouer pour garantir aux personnels le temps et la sérénité indispensables à la recherche, pour rééquilibrer l’activité au profit de la formation, pour rétablir une dynamique collective qui concilie l’ambition humaniste, l’aspiration à la promotion intellectuelle et le lien entre la science et la société.

Si ces convictions sont les vôtres, soutenez notre démarche, rejoignez-nous. Notre liste est prête, si les électeurs nous font confiance, à assumer toutes les responsabilités dans la conduite de l’université.

Ont participé à la rédaction de cette plate-forme :

Bertrand Binoche (PR, Philosophie, CGT)
Philippe Büttgen (PR, Philosophie, Snesup)
Agnès Foiret-Collet (MC, Arts plastiques, Snesup)
Emmanuèle Gautier-Costard (PR, Géographie, Snesup)
Julie Gervais (MC, Science politique, Snesup)
Manuel Gutierrez (MC, Archéologie, CGT)
Jean-Marie Monnier (PR, Économie, CGT)
Sandrine Morsillo (MC, Arts plastiques, Snesup)
Madalina Olteanu (MC, Mathématiques, Snesup)
Michel Pigenet (PR, Histoire, Snesup)
Sophie Poirot-Delpech (MC, Sciences sociales, CGT)
Christophe Queva (MC, Géographie, Snesup)
Julien Randon-Furling (MC, Mathématiques, Snesup)
Frédéric Régent (MC, Histoire, Snesup)

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