Zoom sur les formations à ressources propres

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La formation à Paris 1 – un problème d’ambition sous contrainte

Zoom sur les formations à ressources propres
 

Que la formation et la réussite des étudiants soient au cœur des questions à aborder lors des élections des Conseils Centraux est une évidence. On partira donc du postulat selon lequel notre université doit réaffirmer son ambition pédagogique, afin de dresser un bilan (provisoire) des quatre dernières années et afin de lancer quelques interrogations sur une projection en 2020 !

Depuis 2012, nous avons eu l’occasion de prendre la mesure de l’ambition pédagogique de notre établissement lors des séances de la CFVU (Commission Formation et Vie Universitaire). Dans la plupart des cas, il s’est agit d’une ambition sous contraintes (et injonctions) budgétaires. Une ambition coercitive, lorsqu’elle s’est manifestée par une douloureuse amputation de l’offre de formation de 10% en 2013. Une ambition usante avec le temps, lorsque les débats portant sur l’ouverture d’une formation ou les modifications d’une maquette tournent en général autour de « combien ça coûte à l’université ? / est-ce à budget constant ? » plutôt que sur le contenu, les possibilités d’insertion professionnelle, etc. Une ambition « délocalisée », car les décisions « lourdes » (à lire « financières »), sont prises dans des dialogues de gestion difficiles, que la CFVU est amenée seulement à entériner. Enfin, une ambition « négligée », car il arrive parfois que le CA ne tienne pas compte des avis de la CFVU, s’estimant, peut-être plus compétent (ou plus « réaliste » ?).

Qu’en sera-t-il sous la prochaine mandature ?

L’offre de formation de notre établissement se doit d’être soutenable. Développer les formations générant des ressources propres comme l’apprentissage ou la formation continue est un levier important pour les finances de l’université. L’alternance, par exemple, doit être vue à la fois comme une opportunité favorisant l’insertion professionnelle de nos étudiants, mais aussi comme source de recettes pour l’université. Elle est d’ailleurs au cœur des propositions 8 et 20 de la liste « Partageons nos talents », liste portée par des élus exerçant de hautes responsabilités dans la mandature actuelle. Pourtant, la réalité de la politique actuelle semble contradictoire avec les ambitions qu’elle affiche : dans la cartographie des masters 2016-2018, sur les environ 600 parcours de M2 (les parcours communs à plusieurs mentions n’ont pas été enlevés), dont plus de 150 parcours « pro », seulement une trentaine seront ouverts à alternance (dont la moitié à l’IAE !).

Rappelons d’abord quelques principes propres à l’alternance. Une formation en apprentissage (ou en alternance) est un diplôme national, reconnu par le ministère, auquel l’étudiant concerné associe une expérience professionnelle en parallèle. L’étudiant a un statut de salarié pendant sa formation, il est par conséquent rémunéré, et les droits d’inscription sont couverts par l’entreprise, laquelle verse de surcroit de la taxe d’apprentissage à l’université.

Revenons maintenant à la situation qui prévaut actuellement à Paris 1. En général, les formations en alternance (même sous-représentées dans la cartographie de l’offre de formation) sont très bien classées par l’AERES (car c’est la course aux classements !), grâce notamment au contenu pédagogique et à l’insertion professionnelle des diplômés. Elles permettent de percevoir la taxe d’apprentissage, laquelle permet de financer, par exemple, le secrétariat du diplôme, les heures faites par les intervenants extérieurs, le suivi des apprentis en entreprise, des heures de tutorat. Chaque année, en plus du prélèvement obligatoire, certaines d’entre elles font don à l’université de plusieurs dizaines de milliers d’euros. A noter que la destination finale de ces fonds par l’université reste une question ouverte (qui peut être posée à tout moment par les CFA associés).

Bien évidemment, nous ne souhaitons pas une généralisation. Ouvrir tous les masters à l’alternance serait irréaliste, notamment pour les masters recherche dont la finalité est toute autre. Mais la situation actuelle mène à plusieurs interrogations sur la politique de formation présente et celle préconisable. Car si durant les quatre dernières années la CFVU a été amenée, très régulièrement, à se prononcer sur la création de divers DU, par exemple, la création ou l’ouverture d’une formation en alternance a en revanche été du domaine de l’exceptionnel. Et lorsque cela a été fait très récemment pour un projet porté au niveau de la Comue HeSAM, Paris 1 (pourtant membre fondateur du CFA monté par les universités parisiennes, le CFA Formasup) a généreusement confié la gestion des apprentis au CNAM et à son propre CFA. Une nouvelle fois, lorsqu’il s’est agit de « partager les talents » (y compris à l’intérieur de la Comue), Paris 1 a perdu au change. Mais la place de Paris 1 dans la Comue HeSam est un autre (vaste) sujet de débat!

Si des raisons pratiques justifient pour une part la place très marginale de l’alternance dans notre établissement, il y a à l’évidence un manque de reconnaissance de l’investissement des collègues qui gèrent des formations en alternance.

Nos propositions, issues d’une expérience de terrain de plusieurs années, et que nous nous engageons à concrétiser dès l’an prochain :

  • mise place d’une commission « alternance » au sein de la Direction Partenariat Entreprises et Insertion Professionnelle (DPEIP) qui puisse former et informer les responsables des formations souhaitant s’ouvrir à l’alternance, les gestionnaires de ces formations, les collègues des services centraux et les membres de la CFVU. Nous avons eu l’occasion, ces dernières années, de mesurer à quel point le fonctionnement de l’alternance était malheureusement méconnu auprès des collègues ;

  • création d’une ligne budgétaire propre aux prélèvements des formations en alternance et aux reliquats qui vont pour l’instant dans « le pot commun », afin que ces recettes ne servent plus à « boucher les trous ». Cette ligne budgétaire devrait être destinée prioritairement à la formation (et notamment aux formations qui connaissent le plus fort taux d’échec, à savoir la licence);

  • rédaction d’un référentiel des taches pour les formations en alternance. Il permettra, à la fois, la prise en compte du travail des collègues qui s’investissent dans l’apprentissage et une harmonisation souple et collégiale des pratiques à l’intérieur de chaque formation en alternance (rémunération des tuteurs pédagogiques, primes, achat de matériel,…). Ce référentiel n’existe pas pour l’instant à Paris 1 (malgré une initiative lancée il y a plus d’un an et restée sans suite depuis), et chaque collègue fait comme il peut.

 

Nous nous engageons donc pour une politique de formation pragmatique, équilibrée et collégiale. Au delà des vœux pieux et de la communication grandiloquente, nous serons aux côtés de nos collègues BIATSS et des étudiants pour mettre en place des diplômes de qualité, à la fois par leur contenu et par l’insertion professionnelle à la sortie. Il faut que la formation à Paris 1 retrouve son ambition !

International

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Tout le monde s'accorde pour placer l'international au cœur des enjeux de la prochaine mandature de notre université. Encore faut-il s'entendre sur son contenu. De quoi avons-nous besoin en l'espèce ? Quatre types de partenariat sont généralement élaborés par nos collègues.

- Des partenariats de recherche permettant une mobilité des enseignants-chercheurs ;

- Des partenariats diplômants, permettant aux étudiants de Paris 1 d'obtenir des ECTS délivrés par une université étrangère dans le cadre de leur parcours de formation ;

- Des partenariats non-diplômants, permettant aux étudiants de Paris 1 d'accéder aux enseignements spécifiques d'une université étrangère sans délivrance d'ECTS ;

- Des partenariats pour « délocaliser » (i.e. déployer) un diplôme de Paris 1 dans une université étrangère.

Pour renforcer le positionnement de Paris 1 dans les réseaux internationaux, notre université a besoin de développer principalement les deux premières modalités de partenariat (la troisième étant trop spécifique, la quatrième trop consommatrice de ressources propres). Là où n'importe quelle école de commerce ou d'ingénieur de second rang propose systématiquement à ses étudiants des parcours de formation intégrés sur des sites étrangers, Paris 1 ne l'offre que marginalement, sans grande lisibilité ni grande cohérence pédagogique. Il en va de même pour la recherche et les partenariats entre laboratoires. Or,

1/ en matière de recherche, seuls des partenariats développant systématiquement la mobilité des chercheurs permettra à Paris 1 de s'inscrire dans les grands réseaux internationaux de recherche. Cela passe par une politique incitant chaque enseignant-chercheur (titulaire ou non) à prendre part chaque année à un colloque international, avec ou sans communication à présenter, de façon à l'aider à garder contact avec la recherche internationale. Cela passe également par le développement systématique de séjours d'échange entre laboratoires de recherche sur une durée significative. Car au fond, rien de tel que d'enseigner et faire de la recherche à l'étranger pour développer et entretenir les réseaux internationaux de recherche.

2/ en matière de formation, deux options peuvent se présenter pour développer nos partenariats internationaux avec des universités. La première consiste à laisser nos étudiants profiter d'une année de césure pour se former à l'étranger. Si cette solution a l'avantage de la souplesse, elle a pour inconvénient de n'offrir aucun soutien ni aucune lisibilité pédagogique à l'étudiant. La deuxième option consiste alors à développer des partenariats pédagogiques avec des universités étrangères pour monter, en amont, des parcours cohérents de formations en Licence ou en Master. Mais compte tenu des effectifs étudiants par discipline, elle suppose un changement d'échelle de notre politique internationale. Elle nécessite au préalable de cartographier l'existant, afin d'en diffuser l'information le plus largement possible. Elle nécessite ensuite des efforts d'ingénierie pédagogique de la part de chaque UFR, mais surtout de mettre en place des dispositifs standardisés selon des modalités à imaginer collégialement, seule façon d'atteindre des économies d'échelle à même de traiter le volume de nos effectifs étudiants. Les obstacles étant nombreux, un tel projet ne peut se déployer que s'il est porté par une volonté politique commune au sein de notre université.

Le développement de l'international à Paris 1 a donc un contenu précis pour les élus de la liste Démarche collective pour une université démocratique qui s'engagent à le promouvoir en ce sens.
 

Engagements pour de bonnes pratiques dans les conseils centraux

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Engagements pour de bonnes pratiques dans les conseils centraux

Notre projet a été rédigé collectivement et nos conseillers resteront tenus par la fidélité aux principes qu'il contient. De ces principes découlent un certain nombre d'engagements de bonnes pratiques dans les conseils centraux.

Les conseillers élus sur nos listes exerceront leur mandat dans la collégialité démocratique, c'est-à-dire à partir de discussions et de consultations qui permettront de nourrir le travail des conseils, en refusant toute parole que serait celle d'un groupe d'intérêt.

Quelle que soit leur position dans un conseil, nos conseillers s'engagent à porter une démarche soucieuse de l'unité de notre université et respectueuse de sa diversité disciplinaire.

Ils s'engagent à être assidus aux séances des conseils, à être actifs dans les débats, à les préparer en amont de manière collégiale et à en rendre compte le plus rapidement possible.

S'ils ne peuvent assister à une séance du conseil où ils seront élus, ou s'ils doivent s'absenter avant la fin de la séance, nos conseillers s'engagent à ne pas remettre de procuration "en blanc", mais à toujours spécifier le mandat donné.

Ils exigeront de tous ceux qui prétendront assumer la responsabilité des conseils, qu'ils aient été ou non élus sur nos listes, qu'ils annoncent en début de séance le nombre de procurations qui leur aura été remises, qu'ils indiquent le nom des conseillers absents leur ayant donné procuration, qu'ils précisent le nombre de procuration "en blanc" et qu'ils répartissent celles-ci entre les conseillers présents, qu'ils accordent aux conseillers présents, quelle que soit la position qu'ils défendent, le même temps de parole et qu'ils soient respectueux des expressions de chaque conseiller.

Pour que la démocratie (re)trouve de l’espace

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Pour que la démocratie (re)trouve de l'espace à Paris 1.
Restaurer la confiance avec les étudiants.

La transmission et l’élaboration de savoirs dans et pour une société démocratique fait le cœur de notre métier d’enseignants-chercheurs quand l’acquisition de connaissances, de compétences et d’un esprit critique est, pour les étudiants, le centre de gravité de leur vie à l’université. Mais nous pensons également qu’une université dynamique et démocratique est un espace où les étudiants sont nombreux à se saisir pleinement des possibilités qui leur sont données de s’engager dans la  vie étudiante  dans ses multiples dimensions.  Leur participation aux conseils centraux et à tous les niveaux de la vie universitaire doit être considérée avec respect et sans condescendance, comme c’est malheureusement encore trop souvent le cas dans ces instances. Le soutien financier et organisationnel à leurs différentes formes d’engagement dans la vie associative, culturelle, syndicale et collective doit continuer à être favorisé, voire être renforcé.  L’exercice de la citoyenneté et de la civilité nous semble un élément essentiel de ce temps de passage que constituent pour les jeunes adultes que sont les étudiants, les années vécues à l’université. Il contribue pour une part essentielle à les préparer à leur vie professionnelle et de citoyen. Ce n’est pas le moindre des paradoxe qu’une institution qui affirme sans cesse la nécessité de s’adapter aux contraintes du monde extérieur et d’un marché du travail toujours plus dur, paraisse se replier sur elle-même et percevoir tout ce qui vient du dehors, ou de la jeunesse, comme un potentiel danger.  

Après 3 semaines de mobilisation des étudiant.e.s et personnels autour du projet de loi sur le code du travail - rejeté unanimement par les organisations syndicales soutenant cette liste -, après la fermeture de la Sorbonne sur ordre du recteur, le recours par l’actuelle présidence à la force publique le 17 mars au Centre Pierre Mendès-France, et les violences policières intolérables qui ont suivi, après les dégradations du 22 mars, l’exercice normal de la démocratie a enfin trouvé son chemin à travers la mise à disposition d’amphithéâtres pour des assemblées générales qui se sont tenues dans le calme et le dialogue, la projection de films ou l’organisation de débats. En particulier, un grand meeting a été autorisé le 30 mars au Centre Pierre Mendès-France dont la tenue a démontré que faire confiance à la responsabilité des organisateurs permet qu’une manifestation importante et animée (1200 présent.e.s) se déroule dans le calme. Cette autorisation raisonnable, bien que tardive, doit nous inspirer à l’avenir et nous inciter à rompre avec un cycle amorcé depuis au moins une dizaine d’années consistant à fermer préventivement nos sites — ce qui revient à museler l’expression démocratique — et à faire appel à la police plutôt qu’au sens du dialogue et des responsabilités des usagers. Il convient désormais d’anticiper, de ne plus prendre de décisions graves dans l’urgence et, par conséquent, d’évaluer pour chacun de nos centres sa capacité à accueillir des espaces de discussion/information en cas de nouvelles aspirations légitimes au débat.

Les conseillers élus sur notre liste veilleront à ce  que les conditions de futurs débats démocratiques soient garanties dans notre Université en respectant l’expression de la pluralité des avis, voire de la controverse que l’on ne peut sans cesse museler, au nom des impératifs de tranquillité publique. Ces aspirations, loin de nuire à la mission principale de l’université, nous semblent au contraire s’inscrire pleinement dans la tradition qui est la nôtre d’une université démocratique et ouverte sur le monde.

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